Une vidéo qui vous aidera à comprendre les mécanismes de la privatisation rampante de la SNCF.
Près de 450 personnes manifestent à Troyes, 80 à Romilly-Sur-Seine, 60 à Bar-sur-Aube
Nouvelle journée de manifestations dans l’Aube et en France, ce jeudi 19 avril.
Les syndicats ne désarment pas. La CGT, FO et Solidaires ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation, ce jeudi, pour protester contre les différents projets du gouvernement. « Chaque secteur a ses revendications propres, mais, face à ce gouvernement, il faut que les luttes convergent pour créer un rapport de force qui le fera plier. »
À Troyes, près de 450 manifestants se sont réunis place Jean-Jaurès avant d’emprunter le boulevard du 1er RAM, le boulevard du 14 juillet jusqu’au rond-point du Vouldy avant de revenir vers la maison des associations. Un nombre un peu décevants pour les organisateurs.
Roberte, 89 ans, toujours en manif.
Elle va défiler pour vos droits et votre avenir. Une belle leçon et un exemple à suivre !
Deux autres manifestations sont organisées jeudi après-midi dans le département.
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À Romilly-sur-Seine, près de 80 personnes ont répondu à l’appel.
À Bar-sur-Aube, la manifestation a débuté vers 15h. Le cortège a réuni une soixantaine de personnes qui ont d’abord fait entendre leur voix en ville.
Pour les syndicats, il est important que les citoyens mesurent « l’acte anti-démocratique » que représente le choix des ordonnances pour faire passer des lois « qui vont à l’encontre des droits des salariés » . «Macron vit sur un nuage mais nous allons le faire redescendre sur terre ».
Les cheminots ont la parole : la grève en 12 questions
Présentés parfois comme des privilégiés, les agents troyens de la SNCF s’expliquent sur les raisons qui les poussent à faire grève jusqu’en juin.
Par Benoît SOILLY | Publié le 18/04/2018 à 05h35
Au centre, Christophe et Thomas, conducteurs de trains, et à droite, David Morin, secrétaire départemental CGT, ont expliqué pourquoi ils étaient en grève.
Christophe, 45 ans, Louis, 29 ans, Thomas, 39 ans, sont conducteurs de trains. Christophe, 32 ans, est agent d’escale à Troyes. Tous sont grévistes et adhérents à la CGT Cheminots. Accompagnés par le secrétaire de l’union départementale de la CGT David Morin, les agents aubois ont répondu à nos questions sur la grève à la SNCF, leurs conditions de travail, la crainte de la privatisation, la ligne 4 entre Paris et l’Aube, leurs « privilèges ».
Leur réponse aux usagers pénalisés
« Nous ne nous battons pas pour notre gueule. Nous nous battons pour la continuité de l’entreprise. Les usagers doivent comprendre que le train est un service qui a un coût. L’ouverture à la concurrence que nous combattons n’est pas une solution et entraînera une hausse du prix des billets. Regardez les autoroutes privatisées. »
Prêt à faire des efforts contre une reprise de la dette ?
La dette de la SNCF Réseau, l’une des trois composantes de la SNCF, s’établit à la fin 2017 à 46,6 milliards d’euros. À partir du 1er janvier 2020, l’État reprendra progressivement la dette selon Emmanuel Macron. Les cheminots feront-ils un effort en contrepartie ? « L’État n’annonce pour l’instant aucun chiffre. Il joue la reprise de la dette contre la baisse des conditions sociales. Mais la dette n’a pas été créée par les cheminots et leur statut, mais à cause de la politique de l’État pour les TGV qu’elle achète encore », rappellent les cheminots, sur la même ligne que le patron de la CGT, Philippe Martinez, qui a déclaré : « L’État est responsable de cette dette, donc l’État doit reprendre la dette et sans condition. »
La grève, ça coûte cher ?
« Pour un conducteur, cela représente environ 100 euros par jour de grève, avec les primes perdues. Environ 50 euros pour les agents «moins qualifiés». Sachant que sur les 36 jours de grève, certains tombent sur mes jours de repos, cela fait près de 2 000 euros », précise Thomas, conducteur. Des grèves remboursées par la caisse des syndicats ? « Cela ne représente rien, ça reste dérisoire. Il faudrait 3 millions par jour de grève pour compenser. On en est loin. »
Des voyages gratuits pour la famille ?
Chaque cheminot peut circuler quasiment gratuitement sur le réseau (pass Carmillon). Son conjoint, ses enfants, disposent en effet de 16 billets gratuits par an et d’une carte de circulation personnelle qui permet de bénéficier d’une réduction de 90 % sur le prix des billets, hors coût de réservation : « Les agents bénéficient de la gratuité des trains pour eux et leur famille, comme un employé pourrait profiter d’une voiture de fonction. Et encore, nous sommes très peu à l’utiliser. Lorsque nous le faisons, c’est souvent pour le travail. C’est un avantage lié à la nature de l’entreprise. On pourrait aussi parler des avantages des députés, par exemple… »
Un métier difficile ?
Les avantages du statut du cheminot sont souvent mis en avant, moins les inconvénients : « Parmi ceux qui réussissent à obtenir une formation de conducteur, près de la moitié ne va pas au bout car les conditions d’exercice sont complexes et les responsabilités importantes. Par exemple, je ne sais pas quels seront mes horaires de travail dans deux jours. Nous pouvons être commandés la veille pour le lendemain, même le week-end. Essayez de programmer quelque chose en famille dans ces conditions », note Louis. « Moi qui suis agent en gare, je ne sais pas comment je travaille la semaine prochaine », renchérit Christophe, agent d’escale. « La SNCF veut embaucher 1 000 conducteurs cette année, mais elle a du mal à recruter, malgré les prétendus privilèges que nous avons », assène Louis.
La garantie d’Un emploi à vie ?
Un salarié de la SNCF (hors contractuel) bénéficie comme les fonctionnaires d’un emploi à vie et ne peut pas être licencié pour un motif économique : « C’est une nécessité. Si nous voulons que les règles de sécurité soient respectées, les agents ne doivent pas être sous la pression managériale mais disposer d’un emploi à vie confortable, sécurisé pour un service public de qualité », souligne David Morin, cheminot et secrétaire départemental de la CGT. « Un emploi à vie, c’est à la fois vrai et faux. En cas de graves erreurs d’un agent, il peut être licencié. Quand des postes sont supprimés, des mecs perdent leur boulot car ils refusent les mutations proposées par la direction », complète Louis.
Combien gagne un conducteur ?
« Je gagne 2 400 euros brut, sans ma prime de conducteur qui est d’environ 900 euros. Mais elle «saute» si tu es malade ou en vacances.
Il ne faut pas oublier non plus que personne n’est conducteur à vie. Nous passons tous des visites médicales régulièrement. En cas de problème, comme du diabète, le conducteur redevient agent sédentaire et perd alors beaucoup d’argent », détaille Thomas, conducteur en région parisienne.
Une grève qui va achever la ligne 4 ?
En difficulté après des problèmes de matériel, la ligne 4 qui relie Paris à Belfort en passant par l’Aube va-t-elle être achevée par le mouvement des cheminots ? « Quand on parle aux usagers, ils savent bien que la ligne est catastrophique. Ce n’est pas la grève qui va changer quelque chose. La ligne 4 est tellement sur le fond, qu’à part creuser, elle ne peut pas descendre plus bas. En plus, nous avons du nouveau matériel, et c’est pire qu’avant. En 2016, moins de 1 % des retards ont été attribués aux jours de grève. Tout le reste, c’est dû aux dysfonctionnements de l’entreprise », rétorquent plusieurs grévistes.
Pourquoi tant de trains supprimés hors grève ?
Les veilles et lendemains de jours de grève, plusieurs trains sont régulièrement supprimés. Pourquoi ? « Il faut que tout se remette en place. Les rames ne sont pas forcément là où sont les conducteurs. Elles doivent aussi rentrer en atelier pour des révisions », rapporte Louis. « Mais l’entreprise ne fait pas appel à tous les agents. En tant que conducteur, je n’étais pas gréviste la semaine dernière, et on m’a proposé un congé, puis une journée blanche où je n’ai pas été utilisé », confie Christophe. « En temps normal, il y a aussi un problème de sous-effectif, de matériel », note David Morin.
En retraite à 52 ans ?
Le régime spécial de retraites de la SNCF permet aux conducteurs de trains de partir à la retraite à 52 ans (57 ans pour le personnel sédentaire) : « C’est l’âge d’ouverture de départ, mais en réalité, cela n’existe plus. En tant que conducteur, si je veux partir avec une retraite pleine, il faut que j’aille jusqu’à 57 ans. Pour un agent sédentaire, c’est 59 ans. Et encore, dans le projet de loi, il est indiqué qu’il y aura une réforme des retraites en 2019 dans les entreprises à statut », assènent Thomas et Louis. Cela reste tout de même un privilège ? « Un privilège, c’est quand on transmet quelque chose. Moi, je suis rentré à la SNCF en signant un contrat. J’avais une liste d’avantages et d’inconvénients. Le départ à la retraite faisait partie des avantages. J’aimerais juste que mon contrat soit respecté, ce qui n’est déjà plus le cas », dénonce Christophe, conducteur.
Prêts à continuer après juin ?
La grève perlée est censée durer jusqu’au 28 juin : « Juin, c’est déjà loin pour nous. Nous espérons que Macron va lâcher avant. Rien ne nous empêche de changer de stratégie. À Paris, on parle aussi de passer en grève reconductible pour muscler le mouvement », préviennent les « cégétistes ». Et si les agents n’obtiennent rien ? « Nous n’envisageons pas ce scénario. Sur un mouvement de cette ampleur-là, si l’entreprise et le gouvernement ne trouvent pas le moyen de trouver un compromis pour que tout le monde sorte la tête haute, cela laissera des traces, créera des frustrations. Il ne faudra plus demander aux agents de faire des efforts. »
Une grève des contrôles ?
Plusieurs usagers demandent aux cheminots mécontents d’effectuer une grève des contrôles de billets, soit une grève gratuite pour les usagers : « La grève de la pince est illégale. Selon la SNCF, le billet permet d’assurer les gens en cas d’incident. Des contrôleurs ont déjà essayé dans le passé, et ils avaient été sanctionnés. Si cette solution était viable, nous le ferions. Nous aurions 100 % de l’opinion publique avec nous. Mais nous n’avons pas le droit », font remarquer les cheminots.
Il est urgent dans chaque établissement, dans chaque entreprise ou collectivité d’amplifier les mobilisations, les grèves, les débrayages.
C’est la seule façon pour que le patronat et ce gouvernement cessent leur casse sociale, le démantèlement de nos services publics, le blocage de nos salaires et qu’ils comprennent que d’autres choix sont possibles.
Ainsi des salariés et agents sont actuellement en lutte à Carrefour, dans les Ehpads, dans des hôpitaux, dans des collectivités, à la Sncf, à Air France, dans les entreprises de l’énergie, dans l’éducation… pour défendre leurs emplois, l’amélioration de leurs conditions de travail, des moyens pour un service public de qualité.
Nous exigeons :
L’Union départementale CGT l’Aube et ses Unions Locales CGT appellent à la grève dans tous les secteurs et à créer les conditions de convergences des luttes public – privé sur notre territoire.
Elles appellent aussi les salariés, les agents, les retraités et salariés privés d’emploi à participer massivement à la journée d’action et de grève nationale interprofessionnelle le 19 avril.
« Tous ensemble, tous ensemble » scandaient les manifestants à la dernière mobilisation.
Alors tous ensemble dans les luttes en cours et le 19 avril pour stopper ces politiques qui ne répondent qu’aux intérêts de quelques-uns.
TOUS CONCERNÉS
L’appel de l’Union Locale CGT ROMILLY-NOGENT à venir manifester au Conseil Municipal le 07/04/18 concerne tout le monde, que l’on soit sans emploi, travailleur du privé comme du public, retraité, jeune… L’avenir du service public sur notre territoire est primordial car les politiques de Sarkozy , Hollande, et aujourd’hui Macron ont des effets dévastateurs sur la population (bas salaires, conditions de travail dégradés, petites pensions de retraites, manque de personnel et de reconnaissance notamment à l’hôpital et dans les EHPAD).
Notre territoire vient déjà de subir la perte de plus de 250 emplois au Technicentre, et la direction de la Poste veut fermer le bureau de poste de la Belle-Idée (dans le centre commercial) avec l’aval du Maire de Romilly et de la Communauté de Commune, ce qui n’est pas acceptable car la présence des services publics sur les territoires répondent à un besoin et à l’aménagement du territoire.
Parmi les 3100 signatures recueillies sur notre pétition 1900 proviennent des communes extérieures à ROMILLY. Ces données démontrent la nécessité du maintien des trois bureaux de poste de notre secteur.
Il ne peut y avoir deux France, la première des grandes métropoles avec un développement plus au moins égalitaire, et une deuxième, périphérique, avec des services publics fermés ne répondant pas au besoin des populations.
Nous demandons à la population de participer en nombre au Conseil Municipal du 07/04/18 à 8h30 pour continuer d’exiger le maintien de ce bureau de poste.
Pour l’Union Locale de Romilly-Nogent,
Christophe Latrasse