Hold-up annoncé sur un pognon de dingue

07 août 2018 | Ecrit par Patrice MARCHAND

Hold-up annoncé sur un pognon de dingue

L’information est semble-t-il passée complètement sous les radars la semaine dernière. La dépêche de l’AFP annonçant que « l’État pourrait récupérer jusqu’à 24 milliards EUR d’excédents de la Sécu en 2022 » n’a été republiée que sur un site et sans aucun commentaire ni aucune mise en perspective.

mainsargent

Pourtant, il y aurait beaucoup à dire car voici qu’après nous avoir asséné durant des années le fameux « trou de la Sécu » pour justifier toutes les mesures de déremboursements, les reculs de la protection sociale et notamment la branche retraite on nous annonce désormais, selon une autre dépêche de l’AFP du 5 juin dernier, une « Sécu « quasiment à l’équilibre » avant les grandes réformes ». « Presque sortie du rouge et à moitié dans le vert, la Sécu reprend des couleurs. Après un déficit de 5,1 milliards d’euros en 2017, son solde sera « en nette amélioration » à moins de 300 millions en 2018, selon le dernier rapport de la Commission des Comptes de la Sécurité sociale ».

Au lendemain de cette annonce, une autre dépêche venait doucher les éventuelles espoirs ou revendications d’une amélioration de la couverture sociale grâce à ce retour à « bonne fortune » : l’AFP titrait alors : « le gouvernement a nié mercredi l’existence d’une « cagnotte » liée à la forte réduction du déficit de la Sécurité sociale, qui devrait dégager des excédents à partir de 2019, excluant de « redistribuer » l’argent économisé sur le champ de la « Sécu » ».

Chemin faisant, nous en arrivons à cette dernière dépêche du 27 juin lorsque sort le rapport de la Cour des Comptes qui annonce que « les excédents dégagés par les administrations de Sécurité Sociale seront « plafonnés » à partir de 2019, le surplus devant servir à réduire le déficit de l’État pour un montant qui pourrait atteindre 24 milliards d’euros en 2022, selon la Cour des Comptes ».

Tiens donc ? On nous annonce ainsi un véritable hold-up sur nos cotisations à la Sécurité Sociale. On nous estime même le montant du préjudice… Et puis fermez le ban… Rappelons au passage que ce forfait à venir a été inscrit dans la loi de programmation des finances publiques (LPFP), adoptée en décembre avec le budget 2018 qui a prévu que ces excédents servent « à la réduction du déficit de l’État ». En clair, Macron va faire payer les milliards de cadeaux aux plus riches, les primes aux premiers de cordée, l’abandon de l’ISF en piquant l’argent de la protection sociale.

C’est un « pognon de dingue » sur lequel va faire main basse le gouvernement. Le pire de ce hold-up auquel il fallait s’attendre depuis que Bercy et Matignon ont la haute main sur la Sécu, est que le retour à l’équilibre s’explique par l’augmentation globale de la masse salariale (qui accroît automatiquement les rentrées de cotisations sociales). Mais aussi et peut-être surtout par les économies drastiques au détriment de l’accès aux soins et de leur qualité. « Peut-on se satisfaire d’un résultat comptable alors que l’actualité fait état de dysfonctionnements majeurs liés au manque de moyens ? «  a interrogé la CGT lors de la publication des comptes de la Sécu début juin.

Qu’on se réjouisse de ces excédents mais que l’on s’offusque des déficits des hôpitaux publics a quelque chose d’indécent. Que l’on renonce à satisfaire des besoins de protection sociale nouveaux ou non couverts, pour ristourner cet argent aux entreprises et aux plus fortunés relève d’une spoliation. Et l’on voit bien de quel ruissellement on nous rebat les oreilles.

 Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

 

Travail du dimanche

27 juillet 2018 | Ecrit par Patrice MARCHAND

Les violences seraient-elles couvertes en haut lieu ?

24 juillet 2018 | Ecrit par Patrice MARCHAND

VIOLENCE POLICIÈRE

Déclaration de la fédération de la fonction publique : Affaire Benabella, prémices de la fonction publique selon Macron

Les violences seraient-elles couvertes en haut lieu ?

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, circulent des images sur lesquelles on peut voir le responsable de la sécurité du président de la République s’adonner à des violences, lors d’une manifestation le 1er mai. À en croire les services de l’État (dixit le directeur de cabinet du président), il était en « immersion » parmi les forces de l’ordre afin de voir « comment se gérait la sécurité d’une grande manifestation » !

Pourtant, ce que l’on constate sur les images n’a rien à voir avec la gestion de la sécurité mais plus avec un déferlement de violence gratuite envers les manifestants. Violences importantes et répétées ! Nous constatons aussi, sur ces images, que des personnes, hors police, peuvent se munir de casques de policier et intervenir avec violence pour frapper des militants en toute impunité.

Comment les autorités peuvent-elles justifier la présence active d’un individu extérieur aux forces de police ? Etait-il habilité, par qui, pour quoi ? 
Déjà, lors des mobilisations contre la loi travail, des violences avaient été constatées, la CGT avait exigé une enquête parlementaire.
La CGT est favorable à la sécurité des manifestations et de ceux qui y participent. Quels sont les ordres donnés par les autorités publiques aux forces de l’ordre ? Quels moyens leur sont attribués pour assurer une réelle sécurité ? Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour y parvenir.
Cette enquête n’a jamais eu lieu. Elle doit maintenant être diligentée dans les plus brefs délais. Il est question de libertés fondamentales comme celle de manifester, revendiquer, se mobiliser pour

faire valoir des exigences citoyennes.

Montreuil, le 19 juillet 2018

LES RETRAITÉS NE RENONCENT PAS A LEURS DROITS MONSIEUR MACRON !

20 juillet 2018 | Ecrit par Patrice MARCHAND

LES RETRAITÉS NE RENONCENT PAS A LEURS DROITS MONSIEUR MACRON !
Comment imposer aux retraités de se sacrifier encore en gelant leurs pensions et en leur infligeant une hausse de la CSG ? Comment envisager de remettre en cause les pensions de réversion ? Les retraités ont contribué à faire de la France une des premières puissances mondiales. Cela leur donne des droits qu’ils ont l’intention de faire respecter.

Le tract de l’UCR CGT sur www.ucr.cgt.fr à diffuser partout.

Licenciement jugé sans motif : 1,5 million d’euros d’indemnités pour les ex-Petitjean

20 juillet 2018 | Ecrit par Patrice MARCHAND

Licenciement jugé sans motif : 1,5 million d’euros d’indemnités pour les ex-Petitjean

Le licenciement de 50 salariés de Petitjean en 2015 vient d’être jugé sans cause réelle et sérieuse. En moyenne, ils recevront une indemnité de 30 000 €.

«  Si on nous avait écouté en 2015, on aurait évité 50 licenciements  », affirme Philippe Brun, l’avocat de 50 salariés de Petitjean qui avaient été licenciés en 2015 et qui ont décidé de contester devant la justice le motif économique de leur licenciement. Après quatre années de bataille judiciaire, la cour d’appel de Reims vient de leur donner raison. Leurs licenciements économiques, réalisés en 2015 après la mission du cabinet Prosphères, a été jugé « sans cause réelle et sérieuse ». La cour a en effet estimé qu’il n’y avait de motif économique à leur licenciement. Selon la loi en vigueur à l’époque, le périmètre d’appréciation de la cause économique s’apprécie au niveau du groupe et non celui de la société.

Une victoire amère

Avec les nouvelles lois réformant le droit du travail, cette victoire judiciaire ne serait plus possible. Le périmètre du groupe pour apprécier le motif économique est désormais limité aux activités exercées en France. « Ce qui permet aux multinationales toutes les manipulations. La loi de sécurisation de l’emploi est une loi de sécurisation patronale »,

Dividendes et plan social

« Le groupe Al-Babtain va très bien. Il mène une politique très généreuse de distribution de dividendes. Il réalise des acquisitons, crée de nouvelles sociétés à l’étranger. Financièrement, il n’y a aucune menace. Il n’ya ni péril, ni nécessité », assure Me Brun.

La cour d’appel l’a suivi et, en conséquence, elle accorde des indemnités aux 50 salariés en fonction de leur ancienneté. « En moyenne, cela fait 30 000  € par salarié », résume Me Brun, soit un total de 1,5 million d’euros d’indemnités à verser pour le groupe Al-Babtain. En première insitance, le conseil des Prud’hommes de Troyes avait débouté les salariés.

Le groupe Al-Babtain peut aujourd’hui se pouvoir en cassation.

Rappel des faits  :

En 2013, un plan de restructuration validé par la Direccte avait conduit au licenciement de 129 des 420 salariés de Petitjean. Plusieurs salariés avaient décidé de saisir les prud’hommes, estimant leur licenciement « sans cause économique réelle et sérieuse ». Ils avaient été déboutés en mai 2017 avant d’aller devant la Cour d’appel.